L’auteur fait ressortir la dichotomie entre le progrès et la tradition sur la place de la femme dans notre société ; si le progrès fait référence à la justice , l’égalité , un idéal , la tradition est de l’ordre de la durée , sans changement .La libération de la femme est un problème galvaudé , être libre c’est être autonome , auteur et responsable de ses actes mais la responsabilité suppose un certain pouvoir, la gestion des ressources obtenue par le travail et la guerre qui étaient l’apanage de l’homme .Mais le contexte social est en pleine mutation , la femme réclame le droit à des postes à responsabilités , l’homme réclame le droit à la paternité et la femme s’extériorise à mesure que l’homme s’intériorise .

 

Si la libération de la femme est une configuration nouvelle , Yannis s’intérroge dans quelle mesure elle est souhaitable avec en arrière plan l’admission de la femme dans une société constituée exclusivement d’hommes . Il fait référence aux concepts des sociétés antiques où la femme est considérée comme élément perturbateur , le germe de l’anarchie et de la démesure , le mal ou l’inspiratrice du mal , la boite de pandore comme un cadeau empoisonné ,Eve la tentatrice d’Adam et enfin créature perturbant l’harmonie des hommes qui entre eux ont une tendance naturelle à la mesure .

 

L’auteur discerne derrière la volonté du pouvoir chez la femme une pathologie hystérique et une angoisse de castration chez l’homme . La femme veut compenser ce manque de phallus et se venge  de la nature (de l’homme ) , de l’injustice dont elle est victime .Si l’homme se croit doté de la force physique , la femme peut subtilement utiliser la ruse et ses expressions telles que la séduction , le mensonge , la manipulation .En conclusion avec circonspection , il s’interroge sur les motivations profondes légitimes ou pathologiques ?

 

Le président interroge Gérard , le bultinier sur l’hystérie et la pathologie féminine . Celui-ci dans une tentative de conciliation des tendances contraires et de réhabilitation du genre féminin , rappelle que l’hystérie est une manière d’être au monde , un moyen de communication , de sociabilité sans oublier la lourdeur de l’hystérie masculine . Cependant certains faits de société nous renvoient à une mémoire antique et expriment la perdurance des croyances , de rites inscrits dans le tissu mytique de la civilisation humaine .Au commencement était la femme , fut-elle considérée comme l’avenir de l’homme , elle en était aussi le passé . La première mère , c’est la terre fécondatrice et procréatrice de la vie ; la première pensée de l’homme , c’est qu’un pouvoir décide des naissances , l’enfant est le fruit de sa mère mais n’est pas conçu par le père (apatores ).La notion du patriarcat fera son apparition au moment où le mâle s’apperçoit de son pouvoir , la femme ne compte pas dans la reproduction , elle ne sera qu’un dépositaire où l’homme consentira à déposer sa divine semence . Selon un mythe égyptien , le monde est crée par la masturbation d’Aton;mais Aton n’étant plus , il demeure les croyances , mythes et productions imaginaires  permettant aux hommes exclusivement entre eux d’entonner le cantique du phallus en vue d’apaiser les angoisses face à l’altérité comme dans l’immense phallophorie de l’empereur Héliogabale arrivé à Rome en l’an 218 suivi d’un phallus de 10 tonnes tirés par 300 taureaux .

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